La nuit la plus courte

par Rémy Aarthr’it

Vous savez ce n’est pas très confortable d’être bringuebalé à deux cents mètres de hauteur avec tout un fourbi qui fait plus que doubler le poids de votre corps, maintenu en équilibre avec ces minces suspentes et cette corolle en nylon avec laquelle Éole semble s’amuser comme un fou. Vous vous êtes sûrement déjà amusé à souffler sur une fleur de pissenlit légèrement fanée, et bien imaginez-vous à la place de l’une des innombrables graines de cette fleur se dispersant à tous vents et vous aurez une vague idée de cette folle équipée à laquelle je participais en cette nuit de fin de printemps. Ah oui, parce que cela, bien sûr, se passait de nuit. Mais rassurez-vous cette chute partiellement contrôlée ne dura que quelques dizaines de secondes, tout juste le temps de se remettre du terrible coup de couteau provoqué par l’ouverture de la corolle provisoirement salvatrice que déjà la dureté du plancher des vaches se faisait sentir… ou plutôt l’absence de dureté du plancher des vaches devrais-je dire car en fait il s’agissait d’eau … Continuer la lecture de « La nuit la plus courte »

Un corps pour deux

lol

par Rémy Aarthr’it

 

 

C’est après la grande libération du piège corporel de 2028 que l’intérêt pour les corps commença à s’estomper.

La compulsion qui consistait à se précipiter à la maternité pour s’emparer du premier corps venu quelques instants après s’être extirpé du précédent en en perdant la jouissance corporelle ayant été quasi éradiquée, quelques dizaines d’années plus tard, il ne restait plus que quelques millions de corps sur toute la planète. Il fallait bien les entretenir car leur utilisation demeurait cependant souhaitable dans certains cas…

Continuer la lecture de « Un corps pour deux »

De la réduction d’espace en milieu énervé

par Rémy Aarthr’it

Au sein de sa descente spiralée vers un abîme à priori sans fond, l’être aime à se rattacher aux branches de vies intermédiaires qui certes ne lui offrent plus qu’un espace limité mais n’en constitue pas moins un terrain de jeu(x) propice à conserver un intérêt qu’il s’efforce en vain de qualifier de suffisant. Glissant ainsi corps après corps dans l’entonnoir d’un néant apparent, alourdi mentalement par les retours massifs d’expériences bien solides, il essaie de se maintenir à flot dans un élan suprême de vanités en occultant petit à petit sa propre conscience par ce mécanisme universel aujourd’hui incontrôlé : l’oubli saupoudré de blâme continuel.  Continuer la lecture de « De la réduction d’espace en milieu énervé »

Âmes sœurs hameçonnées

Âmes soeurs - âmes sonnées

Pour la première fois, il lisait en quelqu’un comme dans un livre ouvert. On lui avait bien dit que maintenant, débarrassé de certaines masses mentales inhibitrices, il serait plus à même de percevoir des choses qui ne lui étaient plus accessibles depuis des temps immémoriaux. Il n’y croyait qu’à moitié, surtout que par rapport à son entourage, rien ne semblait avoir changé, mais, dans son cas à elle, il dupliquait ses pensées instantanément, cela en était presque dérangeant, au début en tout cas …

Continuer la lecture de « Âmes sœurs hameçonnées »

Mauvais genre …

-

 par Rémy Aarthr’it

Fuyant des responsabilités bien palpables qui n’étaient déjà plus les siennes, occultant par milliards des perceptions qu’il voulait oublier, cet être un cours instant sans sexe s’engagea en pleine perte d’identité vers un horizon qu’il considérait comme nouveau, traçant son chemin vers un futur qui se devait prometteur mais pourtant rempli de suffisamment d’inconnues, il ne stoppa sa course qu’une fois localisé son nouveau foyer.

Continuer la lecture de « Mauvais genre … »

J’ai ricoché sur votre ombre ! (1/…)

Sans corps et sans rapproche

par Vrombis Vlan

Ce que n’arrivait toujours pas à comprendre Horacio Padereste lorsqu’il parcourait le monde, c’était l’attachement obsessionnel de la quasi totalité des êtres à se déplacer systématiquement avec leur corps qui, de plus, était unique et non polymorphe ! Il s’aperçut bien vite que ce qui lui apparaissait comme naturel depuis son enfance, n’était en fait qu’exceptionnel. Mais ce qui le gênait encore plus, c’était la tendance malsaine qu’avait une certaine partie de la population à violenter plus ou moins ouvertement et brutalement leur corps ou celui des autres, ce qui n’avait comme résultat que de renforcer la première condition, à savoir, se retrancher encore plus solidement derrière cet amas cellulaire auquel ils finissaient en toute ignorance de cause par s’identifier…

Continuer la lecture de « J’ai ricoché sur votre ombre ! (1/…) »

T’robot pour être au net…

 

par Hisdée GlingueT'robot pour être au net

C’était l’époque où j’étais robot ; oui, je sais, cela pourra paraître déplacé à certains, mais contrairement aux apparences présentes je ne le suis plus.

                Cela faisait trois rotations de galaxie que j’étais parti en mission. Continuer la lecture de « T’robot pour être au net… »

Alice : l’âme

Alice l'âme

Vaincre les mots pour se mettre à la page, puis bien au-delà…

« Bouh ! » Lança Pierre maussade, cet après-midi d’août était des plus déprimantes. Bien sûr c’était les vacances et à dix ans on aime bien cela ; mais ce jour-là c’était vraiment la guigne, tout allait de travers. Les grands parents avaient dû s’absenter, la pluie ne cessait de tomber, la télévision était en panne depuis la veille ; il ne savait vraiment plus quoi faire, prostré dans le fauteuil de la vieille bibliothèque.
Continuer la lecture de « Alice : l’âme »