Alice : l’âme

Alice l'âme

Vaincre les mots pour se mettre à la page, puis bien au-delà…

« Bouh ! » Lança Pierre maussade, cet après-midi d’août était des plus déprimantes. Bien sûr c’était les vacances et à dix ans on aime bien cela ; mais ce jour-là c’était vraiment la guigne, tout allait de travers. Les grands parents avaient dû s’absenter, la pluie ne cessait de tomber, la télévision était en panne depuis la veille ; il ne savait vraiment plus quoi faire, prostré dans le fauteuil de la vieille bibliothèque.

« Lire ! Oui, c’est cela ! », il allait lire. Après tout pourquoi pas. Ce n’est pas qu’il aimait tellement cela ; bien trop souvent il avait été poussé contre son gré à se plonger dans ces interminables lectures abracadabrantes auxquelles il ne comprenait rien. Mais bon ! « Kasla’n tienne ! » Il fallait bien s’occuper.

Pierre se leva du fauteuil et se dirigea vers les étagères. La plupart des éditions étaient très anciennes. Il sortit un premier livre, apparemment au hasard, et sur la couverture il lut : « Alice au pays des Merveilles Lewis Carroll grandes œuvres » contempla la reliure patinée, feuilleta rapidement l’intérieur, découvrit des images aux personnages amusants et décida que finalement celui-ci ferait très bien l’affaire. Il monta dans sa chambre et s’étendit sur le lit.

Bien qu’il n’eut jamais, à son sens, pleinement compris la signification des œuvres littéraires, il sentait bien qu’écrire de tels ouvrages représentait un travail considérable, hors de sa portée, et il éprouvait beaucoup de respect envers ceux qui réussissaient à s’exprimer ainsi. Il resta un moment à contempler l’une des pages de garde représentant l’auteur, très calme, lisant un exemplaire de l’une des premières éditions. Que pouvait-il bien se passer dans sa tête ?

       Il tourna les pages et passa l’avant-propos sans y accorder plus d’importance : il ne lisait jamais cette première partie, c’était pour lui temps perdu, et de toute façon l’histoire ne commençait vraiment qu’ensuite, au chapitre premier.

      « Descente dans le terrier du lapin »  lut il à haute voix, il se racla la gorge puis continua silencieusement. Oh ! Il n’allait pas bien vite à lire, son souffle intérieur était perturbé par les signes de ponctuation, certains mots s’entrechoquaient, difficiles à articuler dans son esprit, pour lui ces mots ne correspondaient pas à grand-chose et le sens de phrases entières lui échappait.

Lorsqu’il aborda la seconde page, il s’arrêta d’abord pour contempler un court instant l’image du lapin reproduit en haut à gauche. Il était marrant ce lapin ; blanc, un parapluie sous un bras, une chaîne au bout d’une montre dans l’autre, il regardait l’heure d’une drôle de façon ! Mais que diable venait-il faire dans cette histoire ?

Pierre reprit sa lecture. « Son gousset…!? », qu’est-ce que cela pouvait bien être que ce gousset ? Ce devait être le cri du lapin ! Il avait entendu sa grand-mère lui dire un jour, alors qu’ils se trouvaient dans une ferme, que certains animaux « goussaient » … où « gloussaient » peut-être ? Oui, bon ; de toute façon ce n’était pas très important. Il continua.

Toujours sur la seconde page, il ne compris pas davantage comment un tunnel pouvait s’enfoncer horizontalement ? En effet, si c’était réellement un tunnel dont il s’agissait, comment pouvait-on y apercevoir l’horizon ? Habituellement, les tunnels étaient conçus pour traverser une montagne ou passer sous une rivière, voire un bras de mer ou quelque chose comme cela ; il devait par conséquent y avoir un amas de terre au-dessus qui coupait quelque part la vision de l’observateur !

Il commença à ressentir une indicible hostilité envers l’auteur. Il poursuivit.

Péniblement, il arriva en bas de la troisième page, l’esprit gargouillant dans un nuage de confusion naissante. Il comprenait de moins en moins ce qu’il lisait ; il tourna la page mais ce fut pour se heurter à « latitude » et à « longitude » … pourquoi écrivaient-ils ces mots d’un seul tenant ? Ce devait être une faute d’impression !

« Oh la la ! Quel découragement ! Que c’est difficile de lire ! Cela ne vaut pas la télévision ! Quelle galère ! » marmonna-t-il intérieurement.

Les images l’amusaient pourtant, mais il n’y en avait pas suffisamment à son goût et de plus il ne voyait vraiment pas leur relation avec l’histoire. Ce devait être pour faire joli sûrement.

Âprement et avec beaucoup d’efforts de concentration, il atteint la fin du premier chapitre.

Le titre du second lui fut fatal. « La mare aux larmes ». C’était lui qui en avait « marre » ! Et puis qu’est-ce que c’était encore que cette histoire de fille qui tombait dans un tunnel ? Ah ! C’était le père Carroll qui avait dû être siphonné !

Depuis qu’une camarade de classe, si l’on pouvait encore parler de camarade, l’avait poussé alors qu’il buvait au robinet du lavabo dans le couloir de l’école, lui cassant ainsi une incisive, il avait véritablement une dent contre tout ce qui avait trait aux filles !

Aussi referma-t-il le livre, et d’un geste rageur l’envoya au fond de la chambre ; il atterrit près de son sac de voyage.

Alice

      

Deux années plus tard, les résultats scolaires de Pierre s’avéraient de plus en plus désastreux. Ses parents, bien que peu fortunés, prirent la sage décision de faire appel à un professeur particulier de mathématique, matière principale aux résultats décisifs qu’il fallait sauver avant tout. C’est ainsi que Claire fit son apparition. Au début, Pierre se méfiait d’elle. D’abord parce que c’était une fille, puis parce qu’il la considérait comme l’envoyée de ses parents qui à ses yeux ne visaient qu’à accentuer un peu plus leur contrôle dans un sens qu’il évaluait être mauvais. Aussi avait-il décidé de se replier sur lui-même, ne fournissant que le strict minimum nécessaire pour les satisfaire, se mettant ainsi à l’abri de leurs remontrances quotidiennes.

Mais bien vite il changea sa manière de voir les choses. En effet elle avait su séduire ses parents en épousant leur sérieux propitiatoire, mais ce qui lui avait surtout plu en elle, par-delà ses préjugés, c’était qu’elle avait su abandonner cet air grave qu’arborent les grandes personnes lorsqu’elles veulent s’exprimer. C’était plus fort que lui mais il avait envie de rire, pas de se moquer, tout simplement de rire à son contact. C’était amusant et nouveau pour Pierre. Et puis elle ne le submergeait pas de questions. Elle voulait une réponse pour chacune d’entre elle, et chose extraordinaire, elle l’obtenait !

En fait, ils ne firent pour ainsi dire pas de mathématique ou de physique, du moins pas au sens où on l’entend habituellement. Non, c’était surtout du français ; elle lui faisait passer son temps à manipuler cet énorme volume qui n’est qu’une sorte d’annuaire pour mots de la langue française, où tout ce qui peut s’écrire, voire se parler, y est défini en long en large et en travers. Et il fallait discuter ensuite sur ce que l’on y apprenait. Systématiquement elle utilisait cette méthode, quelle que soit la matière à border. Bien sûr ils faisaient aussi des exercices qu’ils corrigeaient ensemble, mais le temps consacré à cela était moindre.

Il avait toujours considéré ce foutu dictionnaire comme un surplus à la panoplie du parfait écolier, « un suppôt de sa tante », comme il se disait, qu’il ne faisait pas bon fréquenter ; la sœur de son père lui avait « offert » à Noël. Au début des cours il ne l’utilisait qu’en présence de Claire, parfois en ronchonnant quelque peu, en tout cas jamais en dehors des trois heures de cours hebdomadaires. Aussi durant les deux premiers mois ses résultats stagnèrent-ils.

Puis au fur et à mesure de sa progression, non sans un effort certain et constant, il ressentit le besoin de consulter l’outil salvateur aussi souvent que possible ; tout simplement parce qu’il s’était rendu compte que son usage fréquent était à l’origine de l’effacement d’une grande partie de la confusion qui lui meublait l’esprit jusqu’alors et que naissait en lui une sensation grandissante de compréhension imagée ordonnée. Et Pierre ressentait du plaisir à cela.

Aussi le dictionnaire devînt il sa meilleure arme ; il était passé maître dans l’art de le dégainer avant d’être atteint par l’ombre assommante du non savoir. Il régla ainsi son sens à plus d’un mot !

Toujours est-il qu’au cours du troisième mois, ses progrès furent fulgurants. Lui qui n’avait jamais quitté le peloton de queue de sa classe se retrouvait maintenant, à la vue de ses derniers résultats, dans les cinq premiers ! Au plus grand étonnement de ses professeurs, camarades, parents, parents de ses camarades mais surtout de lui-même.

Bien que les résultats des premiers mois n’aient guère été flatteurs pour Claire, et malgré la suspicion grandissante des parents à l’encontre de son aptitude à dispenser un enseignement efficace, aucun signe de perte de confiance ne l’avait jamais gagnée. Elle ne laissait d’ailleurs rien paraître dans ses émotions car elle ne montra que peu d’enthousiasme lors des premiers résultats positifs de Pierre ; pour elle les choses suivaient sagement leur cours. Son comportement laissait supposer un autre but derrière le but apparent, elle connaissait les effets secondaires qui allaient s’en suivre et ne serait pleinement satisfaite que lorsqu’elle les saurait perçus par Pierre. Elle se contenta de continuer ; Pierre maintint le cap. Lui qui se voyait déjà redoubler dès les premiers mois de l’année, n’avait même plus le moindre désaccord de l’un de ses professeurs pour passer dans la classe supérieure !

Il ne savait pas si cela avait une quelconque relation avec ses cours particuliers, mais il communiquait plus facilement avec de plus en plus de gens et il abordait maintenant n’importe quel sujet sans pour autant s’y perdre, mais toujours avec beaucoup d’intérêt. Il prenait goût à la lecture aussi. Pour la première fois, il ne se sentait plus contraint ; c’était lui qui allait aux livres. Et derrière le premier rang des ouvrages de l’une de ses étagères, à côté de « Vingt mille lieues sous les mers », il se retrouva nez à reliure avec ce vieux livre : « Alice au pays des Merveilles ».

Il ne se rappelait plus exactement si c’était lui qui, machinalement, l’avait ramassé pour l’emmener ici, ou si c’était sa grand-mère qui, en faisant le ménage, avait cru bon de le ranger dans son sac. Toujours est-il qu’il avait dû l’emporter puisqu’il était là devant lui.

Démangé par le regret de ne pas être allé jusqu’au bout, attisé par le remord d’avoir certainement loupé quelque chose, il s’en empara une seconde fois pour le dévorer de son nouvel appétit.

Il lut rapidement la préface sans toutefois y accorder beaucoup d’importance.

Puis il suivit Alice et le lapin Blanc au fond du tunnel. Défilaient en lui de vagues images où les héros en noir et blanc ressemblant à ceux dessinés dans les pages prenaient forme et parfois bougeaient !

Cela devenait rudement intéressant. Les situations se succédaient devant sa conscience, plus rapidement. La tortue Fantaisie pleurait face au Griffon et à Alice, assise là-bas ; puis les homards dansaient leur quadrille, mais il lui était difficile d’imaginer un air sur les paroles qu’il lisait ; il se retrouva dans la partie de croquet avec de plus en plus de couleurs et de mouvement ; puis ce fut l’histoire des tartes dérobées et Alice dut faire sa déposition, sauvée de justesse par sa sœur qui la réveilla ; il comprit que cela n’avait été qu’un rêve.

Oui ! Il aimait bien cette histoire. Finalement elle était plutôt facile à lire. Sa lecture n’avait durée qu’un peu plus d’une heure, à une cadence infernale et quelle aventure !

Il resta un moment à imaginer avec plus de précision les personnages, leur forme, leur allure, il réfléchit sur leur comportement. Puis il reclassa le livre sur la première étagère de droite, au premier rang à gauche. C’était l’étagère qu’il réservait désormais aux livres qu’il préférait. Elle était presque pleine. À côté d’Alice on trouvait des contes de Voltaire, des nouvelles de Jules Vernes et des légendes lointaines.

De temps à autre il reprenait Alice ; il en relisait certains passages et toujours il découvrait de nouvelles perceptions, parfois en couleurs. Il ne lisait plus à toute allure comme il en avait pris l’habitude au début ; il créait son propre temps, rythmé par la ponctuation et l’enchaînement des propositions dont les mots petit à petit s’effaçaient laissant émerger leur seul profondeur significative parfois pourtant si fugitive.

Pris au rêves

      

L’année suivante ses parents ne reconduisirent pas les cours particuliers. Pierre savait que maintenant il pouvait naviguer seul et sa confiance en lui, accrue, transperça définitivement leurs derniers doutes superficiels lorsque ses premiers résultats le placèrent largement en tête de sa classe malgré la difficulté du programme qui s’annonçait colossal.

Toutefois il revit Claire. Elle n’était pas un simple professeur ; à dire vrai elle était tout ce que l’on pouvait imaginer sauf professeur. Mystère ! Elle avait un peu plus de vingt ans, se faisait passer pour une étudiante en math physique, mais en fait, elle écrivait. Des contes, des nouvelles et des scénarii aussi ; mais surtout elle jouait de la musique. Et ce qui était encore bien plus surprenant pour une aussi jeune fille, c’était qu’elle en vivait et même plutôt bien. Mais outrepassant ses activités quotidiennes, Claire donnait des cours particuliers.

À chaque fois qu’il allait chez elle, ils discutaient toujours beaucoup, surtout de lui et de son passé. Il aimait bien ressasser tout cela avec elle, se rappeler son enfance, réapprenant à monter à vélo, s’amusant de sa première chute ; et puis cette autre fois où sa grand-mère avait voulu monter sur sa bicyclette et où il l’avait poussée dans le fossé ! Ah que cela avait été drôle ! Elle n’avait rien eu, mais tout le monde en avait ri pendant bien des jours.

Il aimait bien lorsque Claire jouait du piano également. Cela devait être rudement compliqué ; néanmoins il commença à réapprendre. Les notes fusaient en son esprit en autant d’éclats multicolores. À chaque morceau ses perceptions évoluaient ; était-ce cela l’infini ? Parce que ce mot-là, même avec l’aide d’une définition, il avait toujours énormément de mal à en faire le tour…

Bien qu’il fût intéressé par toutes sortes de choses, il n’avait pas beaucoup d’amis, de vrais amis avec qui il pouvait créer en toute franchise. Il se sentait seul. Ses moments préférés, il les passait dans les livres, dans ces univers immenses, aux horizons qui désormais ne lui mentaient plus.

Toujours et toujours il lisait, améliorant sans cesse son interprétation des mots, perçant graduellement le secret des codes les plus complexes, créant constamment de nouvelles fenêtres sur la compréhension qui chaque jour ne faisaient que s’ouvrir un peu plus.

Quelques mois après la reprise des cours, ce devait être entre Noël et le jour de l’An, il voulut aller plus loin encore, plus haut. Il sentait qu’il était proche de quelque chose de nouveau, de grandiose.

Alors comme il l’avait souvent fait auparavant, il reprit une fois de plus le célèbre livre de Lewis Caroll. Il esquissa un sourire au contact de la reliure usagée, puis il caressa de sa main droite le cuir patiné qui par endroits s’effilochait. Il s’avança vers le fauteuil et s’assit confortablement. Il était seul, et l’air ambiant le caparaçonnait des pâles rudesses de l’hiver glacial.

Pierre ouvrit le livre et contempla solennellement la photographie de l’auteur. Il relut le titre traduit, tourna la page et tomba sur la version originale de ce même titre ; tient, il n’avait pas encore remarqué l’existence de cette page. Oui, c’est vrai, c’était un écrivain anglais. Ensuite il y avait ce court poème qui témoignait des motivations de l’auteur, mais qui en fait n’était qu’une pure invitation au Rêve. La préface était intéressante aussi, on y parlait des prix des premières éditions, quatre shilling en mille huit cent quatre-vingt-seize, les prix avaient considérablement augmentés remarqua-t-il.

Puis vînt le premier chapitre. Et là, dès les premiers mots, la succession de ses perceptions s’enchaîna à toute allure. Le monde réel s’éteignit de sa conscience pour ne laisser subsister de la scène précédente que l’attention précise d’un léger faisceau courant sur les mots au milieu de l’univers que ceux-ci décrivaient. En trois dimensions et dans l’espace qu’il désirait, il était Alice sur le talus puis sa sœur, puis de nouveau Alice, s’ennuyant en lisant un livre sans image ni dialogue. Et il percevait ce livre ! Il pouvait même en discerner les lettres, c’était en anglais. Puis il fut le Lapin Blanc ; il ressentait chacune des perceptions décrites, il comblait les lacunes du texte en ajoutant les siennes propres, créant ainsi un univers des plus cohérents, en relief, avec les émotions, les personnages, les objets, les éléments, les couleurs qu’il voulait ! Et il s’engouffra dans le tunnel en suivant Alice, puis en étant elle-même et enfin en la précédent. Quel que soit le point de vue qu’il prenait, tout restait cohérent ! Comme une caméra que l’on déplacerait dans un décor sans fin…Il ressentit la chute dans le vide !!! Il ne put s’empêcher de crier, dans quel univers ces sons se répercutaient ils ? Il continua, emporté par le flot de l’action. Pareil à des notes de musique, les mots engendraient sur le clavier de ses perceptions des images animées, amplifiées par son imagination débordante d’exubérance ; sur cette partition de Lewis Caroll, il était à la fois interprète et spectateur, le tout couronné d’un virtuose ; la symphonie qu’il se jouait fluctuait par-delà les chapitres et leurs contours codés ; son clavier onirique l’emporta par-delà le ravissement de l’histoire merveilleuse ; puis finalement il se joua l’ultime note du dernier mouvement et le charme peu à peu s’estompa …

À n’en point douter, il devait être de l’autre côté du miroir.

« Pierre ! Tu viens manger ! » Lui lança une voix sortie du réel qu’il identifia comme étant celle de sa mère.

« Tu pourrais répondre quand on t’appelle ! » ajouta-t-elle.

Il revînt à ce qu’il était convenu d’appeler la réalité commune. À table il n’arrêta pas de parler, comme pour se racheter de sa non réponse précédente.

Ce livre était devenu pour lui comme l’expression de son idéal du moment ; sa référence de choix !

Était-ce aussi cela l’amour ? Une affinité forte sans cesse en expansion ? Et pouvait-on parler ici d’un premier amour propre ? Les certitudes devenaient moins évidentes à observer. Tout lui paraissait plus beau maintenant. La densité des flux qu’il percevait se gorgeait d’un parfum de suavité grandissante, sans borne apparente. Et en Pierre naquit cette intention puissante que nulle montagne désormais ne saurait rester définitivement immuable. Claire ne devait pas être totalement étrangère à tout cela ; Alice en était son espiègle complice.

Alors du fond de son être, une question lui vînt :

Comment allait-il communiquer cela à ceux qu’il aimait ?

Thierry Matra – août 86

Le savoir intérieur

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