Ce carré ment jaune !

Il était une fois une toute petite planète, Terria, où se multipliaient à une vitesse folle la circulation des particules, engendrant une jungle inextricable de heurts et de blocages infernaux où rien ne semblait plus pouvoir avancer jusqu’au terme de son accomplissement. Tous les domaines étaient atteints et ce n’était pas de la tarte ! Face à la prolifération de ces flux browniens incessants qui bougeaient ou non en tout sens, d’aucuns décrétèrent pour se rassurer qu’il fallait en contrôler l’écoulement. Et naquit la logique ternaire à trois couleurs : vert, jaune, rouge, censée réguler ce joyeux bordel.

Le vert signifiait l’écoulement du flux, l’accord sur la réalisation d’un acte qui avait un niveau d’acceptabilité reconnu par ceux qui le contrôlaient ; une sorte de liberté à pouvoir exercer son état être.

Le rouge au contraire, forçait à l’arrêt et symbolisait l’élément qui ne bougeait pas, se trouvait coincé, pour une raison inconnue. Le temps était stoppé, inexistant, pesant, comme pris dans un piège inextricable d’où il semblait impossible de sortir. Le rouge était synonyme de danger, de flux bloqué.

Mais le jaune que signifiait-il ?

Là, une grave question se posait, car était-ce une phase intermédiaire, marquant un passage de l’état opérant vers l’état arrêté ou bien l’inverse, marquant un redémarrage de l’état stoppé vers un mouvement prometteur ? Mais n’était-ce pas plutôt l’exploitation d’une faille ? D’une variation de mouvement indicible, encore imperceptible dans un sens ou dans l’autre dont il fallait se saisir à tout prix avant qu’elle ne changea d’aire. Le jaune était devenu la couleur de l’échappatoire, de l’abandon du but initial pour aller se distraire à d’autres tâches moins ingrates et oublier un certain temps les contraintes imposées d’une logique bien précaire.

Mais le contrôle de la circulation des flux par l’ajout d’indicateurs tricolorés n’était-il pas lui-même qu’un nouveau frein à la progression des échanges ? De même que nommer une chose ne sert à rien si le faire auquel elle est liée n’est pas perçu ainsi que l’espace dans lequel elle se tient et éventuellement se meut ; considérer un flux en terme de blocage dans un espace restreint ne fait que rajouter une barrière au flux initial en en limitant le terrain de jeu. Par contre, augmenter son champ de vision en englobant l’ensemble des terminaux se trouvant aux extrémités et aux points de relais intermédiaires des lignes de communication des particules dont le mouvement est freiné, percevoir l’intention initiale dont ces flux sont porteurs mais aussi les contre-intentions dont ils sont effets, permet d’en retracer la trajectoire et d’en comprendre les aléas.

Bien sûr cela est un système qui peut paraître complexe, mais qui en fait est fort simple et instantané lorsque l’on peut appréhender la scène dans son ensemble, d’un seul coup d’œil, le moindre détail vous apparaît ! On doit être la scène, c’est à dire pouvoir, non seulement en créer l’espace mais continuer à l’occuper totalement. La solution éthiquement optimale se présente alors instantanément en identifiant les parties du tout qui jouent le rôle de frein chronique ou aiguë et quelles autres sont motrices.

Ceci s’applique à tout ce que vous voulez, votre corps, votre famille, votre travail ou un sous-ensemble de celui-ci, toute activité à laquelle vous participez, tout type de conflit, toute plan… euh non, là j’ai pas le droit, y-aurait plus de jeu après.

Et finalement, comme s’interrogeait encore récemment Amélie Pétoncule alors que son indicateur personnel était au jaune-orangé clignotant, on est alors en droit de se poser la question autour d’un mauvais café :

C’est qui qu’à fait Terria ?

Titanic I, II & III Productions

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