Mauvais genre …

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 par Rémy Aarthr’it

Fuyant des responsabilités bien palpables qui n’étaient déjà plus les siennes, occultant par milliards des perceptions qu’il voulait oublier, cet être un cours instant sans sexe s’engagea en pleine perte d’identité vers un horizon qu’il considérait comme nouveau, traçant son chemin vers un futur qui se devait prometteur mais pourtant rempli de suffisamment d’inconnues, il ne stoppa sa course qu’une fois localisé son nouveau foyer.

À la taille de son ventre à elle, l’être savait qu’il (ou elle) était attendu(e). Elle était environnée de notes émises par un mari qui martelait du bout des doigts un instrument magique d’où semblait sortir des sons rudimentaires sur une cadence qu’il allait falloir améliorer et qui lui donnait déjà des idées. Sans se poser la moindre question sur la concurrence environnante, abondante mais par trop hésitante, il réduisit son espace en le limitant à celui du petit corps amniosé, s’en imprégna en l’enlaçant pour en prendre le contrôle et se fondre à cette nouvelle identité. Bien sûr, comme à l’habitude, il ignorait qu’il n’était pas seul et que c’était lui qui, une fois de plus, venait de se faire prendre au piège génétique. Cependant, dans un dernier semi-éclair de lucidité,  un dernier concept non véritablement formulé mais qu’il convient de traduire en restant poli par « Merde, c’est une fille », traversa un court instant l’espace des lieux. Puis il sombra dans un oubli profond, nappée d’une nouvelle page blanche, vierge en appâts rances mais empreinte de quelques buts à ne pas perdre de vue.

Le lendemain, une sage-femme était là et le miracle douloureux d’une nouvelle naissance se fit, il allait lui falloir quelques années avant de pouvoir s’y remettre, en plein XVIIIe siècle, environné de ces drôles de grandes personnes à l’accent si guttural.

Mauvais genre

Titanic I, II & III productions.

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