J’ai ricoché sur votre ombre ! (1/…)

Sans corps et sans rapproche

par Vrombis Vlan

Ce que n’arrivait toujours pas à comprendre Horacio Padereste lorsqu’il parcourait le monde, c’était l’attachement obsessionnel de la quasi totalité des êtres à se déplacer systématiquement avec leur corps qui, de plus, était unique et non polymorphe ! Il s’aperçut bien vite que ce qui lui apparaissait comme naturel depuis son enfance, n’était en fait qu’exceptionnel. Mais ce qui le gênait encore plus, c’était la tendance malsaine qu’avait une certaine partie de la population à violenter plus ou moins ouvertement et brutalement leur corps ou celui des autres, ce qui n’avait comme résultat que de renforcer la première condition, à savoir, se retrancher encore plus solidement derrière cet amas cellulaire auquel ils finissaient en toute ignorance de cause par s’identifier…

Il avait finalement réussi à en déduire que ce qu’ils appelaient « mort » n’était que la partie technique où l’être lâchait prise de cet ancrage physique et retrouvait une liberté toute relative puisque à peine « libre », il s’empressait compulsivement de revenir jouer à se faire « prendre au corps » en choisissant de suivre une femme enceinte jusqu’à ce que le douloureux miracle de la naissance ne se reproduise à la maternité la plus proche. Et ce, apparemment, inlassablement.

Fort de cette déduction, Horacio se retrouvait face à une équation qui lui fut difficile à poser. D’un côté, il « bénéficiait » de cet étrange aptitude à contrôler son corps à une certaine distance pour « vaquer » à ces observations ; d’un autre côté, il lui fallait tout de même faire survivre ce corps et utiliser une bonne partie de son temps pour participer à un jeu, certes souvent imposé mais néanmoins obligatoire pour subvenir à ce besoin.

Sans cesse partagé entre le désir de tout laisser tomber, histoire d’aller voir ailleurs s’il y était et cette étrange sensation compassionnelle qu’il éprouvait à l’égard de ces assemblages de chair et d’os à commencer par le sien, il n’arrivait pas à prendre de décision à long terme… étrange, cette enclume indicible venue d’ailleurs qui semblait marquer sa destinée malgré son relatif affranchissement des barrières mortelles, comme s’il était effet d’une source extérieure implacable.

Beaucoup l’ignoraient, très peu savaient, mais tous en étaient effet.

Malgré tout, il n’avait pas récemment poussé le bouchon jusqu’à céder aux caprices de la reproduction bien qu’il soit réellement passé à deux doigts d’y succomber plusieurs fois. Pour lui, aimer consistait simplement à donner l’occasion de se reproduire mais dans toute l’essence du terme.

Il était las de tout ces jeux à haute combustion énergétique stérile qui avaient une telle tendance à l’introversion corporelle lorsqu’ils étaient pratiqués inconsidérément sur le long terme, que beaucoup de ceux qui ne bénéficiaient pas ou plus de son point de vue avaient fini par s’en faire une religion, source de tout. Ce n’était évidemment là que la justification .d’un état de fait accompli peu responsable, bien loin de ce qu’il était permis d’éprouver, mais cependant, il les comprenait.

C’est en se mêlant à l’ombre des activités de ses semblables, sans pour autant en modifier le sens d’aucune façon mais simplement en s’imprégnant de leur espace qu’il finit par trouver. Il trouva non seulement un attrait aux jeux qui constituaient leur quotidien, mais surtout la raison de son choix dont il fit sa raison d’être : Horacio décida de simplement communiquer son aptitude à ceux qui voudraient bien s’en rendre à nouveau conscient ; jouer le jeu des corps, oui, mais sans en être effet et le faire retrouver à d’autres mais sans leur imposer, tout en leur permettant de voir comment savoir …

(à suivre…)

On the road ...

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